Интервью Седрика Климчика для Французского клуба МГИМО

INTERVIEW de Cédric Klimcik pour LE CLUB FRANÇAIS MGIMO

Интервью Седрика Климчика для Французского клуба МГИМО, image #1

— Vous êtes retourné en Russie avec un nouveau projet « Junior Business Club France Russie ». Quels buts mettez-vous à votre organisation?

— L’idée c’est de réaliser la rencontre qui permet finalement de faire venir les personnes qui ne se connaissent pas, mais qui ont créé beaucoup de liens, beaucoup de relations lors de leurs séjours en France et en Russie. Cette rencontre permettra de créer des projets concrets pour aider l’économie russe et celle de la France à se développer. Mais pour créer ces choses concrètes il faut se connaître. Cé

— Quels événements faites-vous pour l’avenir?

— On a plusieurs projets des événements. On a, tout d’abord, l’événement FAR pour mettre en place, c’est un forum économique junior, puisque notamment tous les forums qui se mettent en place, souvent sont les forums très professionnels où on signe de grands contrats etc. L’idée de nous, c’est de faire un forum plutôt pour les jeunes, de mette en place des éléments de formation, des work-shops où, finalement, on peut proposer de vrais éléments de formation, aux jeunes diplômés également parce qu’on ne s’adresse pas qu’aux étudiants, ce sont aussi des jeunes diplômés des grandes écoles. Et ensuite, dans ce forum il y a aussi des panels, des événements où on peut apprendre de nombreuses choses et surtout des éléments de rencontre et, pourquoi pas, de créer de synergie pour le futur et présenter des projets d’effusion d’universités, partenariat des universités françaises et russes. C’est l’événement FAR.

Le deuxième type d’événement, les conférences comme celle d’aujourd’hui (il s’agit de l’ouverture du Junior Business Club France Russie qui a eu lieu le 19 avril 2019 à MGIMO). C’était un événement un peu « classique », mais, quand même, il y a une grande présence franco-russe autour de cette table et les jeunes ont pu discuter, ensuite de retrouver et se sociabiliser. On a eu des speakers de qualité avec l’ambassadeur Orlov, avec Emmanuel Quidet, avec notre cher secrétaire de Danone Monsieur Vicherat.

Le troisième et le dernier groupe d’événements, ce sont des after-works. Moi, j’y tiens parce que c’est lorsqu’on va dans un bar, tranquille et entre amis, on a cette «sociabilisation» réelle. Aujourd’hui on invite des amis à sortir et on va boire un verre ou manger un petit toast et c’est ça le plus important. A l’avenir, il y aura une grande conférence à Marseille, à HEC, à Sciences-Po, à MGIMO, à Vyshka.

— Qu’est-ce qui vous lie à la Russie?

— Rien! *éclat de rire* Rien! Pourquoi? Parce que je n’ai pas d’origine russe, je n’ai pas d’attache personnel à la Russie. J’ai ma maman qui est Polonaise, j’ai mon père qui est Slovaque. Je suis né en France. Je parle trois langues depuis la naissance et j’ai une culture slave. Ce qu’on mange par exemple à la maison c’est absolument ce qu’on mange en Russie, c’est similaire. Et je n’ai pas été surpris en Russie, évidemment. Pourquoi la Russie? Parce que quand je suis arrivé à Sciences-Po Paris, j’ai eu l’occasion d’apprendre le russe. Ça m’a plu, très belle langue. J’apprécie beaucoup. Очень красивый язык. Et la Russie est proposée comme un choix de destination pour ma troisième année d’études. Et MGIMO, c’est le choix logique, le choix d’excellence et j’ai tout de suite bondi sur la Russie, j’ai beaucoup appris ici sur cette nation, sur ce peuple, tout son chemin historique. Ça m’a fait prendre conscience que la Russie est un peuple européen.

— Et lors de votre troisième année vous avez passé 10 mois en Russie. Donc, quel est le meilleur souvenir que la vie en Russie vous a laissé?

— Il y a deux souvenirs que je retiendrais. Le premier souvenir, c’est le final du concours d’éloquence que j’ai créé. Ça, c’était un grand souvenir. C’était juste exceptionnel de voir ces russes parler notre langue de cette façon-là. Énormes émotions, génial! Très grandes émotions. Et deuxième moment, c’est la marche des immortels le 9 mai. Quand on entend les cris des soldats « Hourra! » à la place Rouge. Puis, on est sur Tverskaya et on marche et on voit tous ces russes avec les panneaux de leurs grands-parents, c’est le moment qui choque! C’est un grand souvenir de voir le peuple russe vivre ce moment de ce façon-là. On n’y est pas habitué chez nous dans le pays, on va dire, ouest-européen à ce jour de manifestation. C’est fort!

Интервью Седрика Климчика для Французского клуба МГИМО, image #2

— Alors, si vous avez mentionné le concours d’éloquence... Racontez, s’il vous plaît, comment vous avez eu l’idée de créer ce concours et qu’est-ce qu’il signifie pour vous, personnellement?

— Moi, quand j’étais à Sciences-Po, à Dijon, l’éloquence fait partie d’histoire de Sciences-Po, mais j’étais un sportif acharné, je n’ai jamais eu le temps finalement de me mettre dans l’éloquence. Quand je suis arrivé en Russie, je me suis dit: « Bah, qu’est-ce que je peux faire comme projet? » Parce que je suis quelqu’un qui aime beaucoup les projets, j’aime beaucoup créer. Alors, j’ai créé ce concours-là parce que j’ai vu les russes qui parlent un français exceptionnel et ça m’a donné envie de créer ce projet pour en faire honneur parce qu’ils parlaient très très bien cette langue. Et du coup, qu’est-ce que ça m’a donné personnellement? Une grande émotion! Parce que il y a des lauréats et c’est assez incroyable de les voir à ces niveaux-là. Et pour moi, ça reste toujours en bébé et cette année Thomas Descubes a créé aussi quelque chose d’incroyable. Et j’espère que l’année prochaine ce concours va être encore mieux!

— Qu’est-ce qui vous manquiez quand vous étiez en Russie et qu’est-ce qui vous manque maintenant quand vous êtes parti?

— En Russie m’a manqué la nourriture! *éclat de rire* Notamment, le pain! J’avais du mal à trouver la boulangerie. Je vous avoue que la première fois que je suis rentré en France en mois de décembre, je me suis fait un énorme sandwich avec du bon pain, un bon dessert et du bon fromage. C’est ça, c’était vraiment la chose qui manque. Et maintenant qu’est-ce qui me manque de la Russie? Moscou! La ville, en tant que telle, la place Rouge, toutes ces émotions qui y sont liées, cette espèce de nostalgie que donne cette ville-là. C’est pour ça que je suis revenu. Parce que j’aime bien cet endroit et je me sens bien ici. Je pense que c’est ça qui me manque, c’est ce peuple, ces gens.

— Mais on dit souvent que la Russie, ce n’est pas seulement Moscou, donc qu’est-ce qui vous a impressionné hors de la capitale?

— Saint-Pétersbourg! J’ai été à la deuxième capitale, j’ai été à Kazan. Moi, ce qui m’a impressionné, c’est Serguiev-Possad. C’était assez marquant. C’est vrai que la Russie est grande. Je n’ai pas pu encore aller en Sibérie, mais c’est un rêve. Je pense que j’irai un jour ou l’autre en Sibérie.

— Qu’est-ce que les mentalités russe et française sont-elles en commun et quelles sont des différences?

— C’est une question qui demande le temps pour réfléchir mais je dirais que c’est la fierté qu’elles ont en commun. En effet, c’est compliqué, les relations des peuples fiers, parce que chacun protège son héritage etc., mais, du coup, ça donne du respect. Le Français respecte le Russe, le Russe respecte le Français parce qu’il y a tout cet héritage qui suit. Ce qui diffère l’âme slave et l’âme française, c’est finalement la société. Nous n’avons pas les mêmes codes sociaux, le même code à la maison, le même code dans la rue, ces idées qui se différent. Mais on reste, quand même, deux peuples européens.

— S’il y a autant de différences, est-ce que l’amour entre la France et la Russie dont on a parlé aujourd’hui vraiment existe?

— Oui, il existe, quand on voit la relation historique entre nos deux pays, quand on voit tout ce qui s’est passé et quand on voit tout ce qui se passe avec notamment la conférence d’aujourd’hui on voit que l’amour reste présent et qu’on peut encore développer beaucoup de grands projets pour l’avenir qui sont portés par cette amitié, par cet amour!

— Donc, vive l’amour et l’amitié entre nos deux pays!

________________________________________________________________________________________

— Вы вернулись в Россию с новым проектом — «Молодежный Франко-Российский Бизнес-Клуб (JBCFR)». Какие цели Вы ставите перед Вашей организацией?

— Идея заключается в том, чтобы организовать контакт, который позволит в будущем объединить людей не знакомых, но имеющих достаточное количество связей благодаря своим поездкам в Россию или Францию. Это позволит разработать конкретные проекты, которые помогут развиваться российской и французской экономике. Но чтобы создать что-то конкретное, нужно вначале узнать друг друга.

Интервью Седрика Климчика для Французского клуба МГИМО, image #3

— Что собираетесь делать в будущем?

— У нас очень много проектов. В первую очередь, это Молодежный экономический форум. Часто форумы довольно профессиональны, там подписывают контракты и т.д. Наша же идея – организовать форум для молодежи, разработать программы подготовки, воркшопы, где в итоге можно будет предложить настоящие образовательные программы молодым выпускникам, так как мы обращены не только к студентам, но также и к дипломированным специалистам. Затем на этом форуме будут панельные дискуссии, встречи, мероприятия, где можно будет научиться многим вещам. Создавать синергию будущего – представлять проекты для сотрудничества и партнерства российских и французских университетов. Вот таким будет Молодежный экономический форум.

Второй тип мероприятий — это конференции, например, как сегодня (речь идет об открытии МФРБК 19 апреля в МГИМО, - Ред.). Это своего рода «классика», но, тем не менее, много французских и российских студентов собрались вокруг стола, молодые люди смогли пообщаться и войти в общественную жизнь. Были приглашены блестящие спикеры – Посол А.К. Орлов, Президент Франко-российский торгово-промышленной палаты Эммануэль Киде и Господин Вишра, Генеральный секретарь Данон.

Третья и последняя группа мероприятий – это «after-works». Для меня это многое значит, потому что, когда ты идешь в бар, спокойный, со своими друзьями, ты по-настоящему проходишь этот самый процесс «включения в общественную жизнь». Выйти куда-нибудь с друзьями, сходить перекусить – вот, что важнее всего сегодня. В будущем, мы будем организовывать конференции в Марселе, Высшей коммерческой школе (HEC) Парижа, Институте политических наук (Sciences Po), МГИМО, Вышке…

Интервью Седрика Климчика для Французского клуба МГИМО, image #4

— Что Вас связывает с Россией?

— Ничего! *смех* Почему? Да потому что у меня нет русских корней, моя мама из Польши, а отец - из Словакии. Я родился во Франции, с детства говорю на трех языках и имею славянскую культуру. То, что мы едим дома – абсолютно то же самое, что и в России. Очевидно, я не был удивлен, приехав сюда…

Почему Россия? Когда я поступил в Sciences Po Paris, мне выпала возможность учить русский язык. Мне он понравился. Очень красивый язык. И на третьем курсе я выбрал Россию для стажировки. Понятно, что я поехал в МГИМО – это превосходный выбор. Я сразу же влюбился в Россию. Здесь я многое узнал о вашей нации, вашем народе, о его историческом пути. Это убедило меня в том, что Россия – европейская нация.

— На третьем курсе Вы провели 10 месяцев в нашей стране. Какое лучшее воспоминание Вам оставила жизнь в России?

— Есть две вещи, которые я удерживаю в памяти. Первая – это финал конкурса красноречия им. Василия Тредиаковского, который я организовал. Это прекрасные воспоминания. Необыкновенно было видеть русских, которые говорят по-французски на таком уровне. Незабываемые эмоции, просто гениально! И второе – это Бессмертный полк 9 мая. Когда слышишь, как солдаты кричат «Ура!» и видишь всех этих людей с фотографиями их бабушек и дедушек… это потрясающе! В самом деле, незабываемый момент – видеть все это. Мы не привыкли к этому у нас в стране, сегодня бы сказали, что это манифестация на восточно-европейский манер. Сильно!

— Как Вам пришла идея организовать конкурс красноречия, и что он для Вас значит?

— Я учился в Sciences Po Paris, и красноречие всегда являлось частью образования в этом университете, но я был увлеченным спортсменом, в итоге так и не нашел времени, чтоб заняться ораторским искусством. Когда я приехал в Россию, я себе сказал: «Так, что можно придумать?». Я тот, кто обожает что-то организовывать, я люблю создавать. В итоге, я придумал проект этого конкурса, потому что видел русских, прекрасно говорящих по-французски, и решил оказать им честь, ведь они так общаются на этом языке! И что же это дало мне? Необычайные эмоции! Невероятно видеть победителей конкурса на таком высоком уровне! Для меня конкурс остается еще «малышом», и в этом году Тома Декюб сделал что-то незабываемое. И я надеюсь, что в следующем году все только улучшится!

— Чего Вам не хватало, когда Вы жили в России, и чего Вам недостает сейчас, когда Вы покинули нашу страну?

— В России мне не хватало еды! *смех* Серьезно, даже хлеба! Мне было сложно найти булочную. Признаюсь вам, что первый раз, когда в декабре я вернулся домой, я приготовил себе огромный сэндвич с хорошим хлебом, аппетитный десерт и вкусный сыр! Мне по-настоящему этого не хватало. И теперь, по чему я скучаю? По Москве! Такой город! Красная площадь, все эмоции с ней связанные, эта ностальгия, которую оставляет Москва… Поэтому я и вернулся. Я люблю это место, я себя хорошо здесь чувствую. Думаю, по этому я и скучаю, по людям, по русскому народу.

— Говорят, что Россия — это не только Москва. Что Вас впечатлило помимо столицы?

— Санкт-Петербург! Я был в Северной столице, был и в Казани. То, что меня впечатлило – это Сергиев Посад. Вот это мне запомнилось. Действительно, Россия огромная страна. Я не смог поехать в Сибирь, но это моя мечта. Однажды я туда поеду.

— Что общего между русским и французским менталитетом, а чем они отличаются?

— Этот вопрос требует долгих размышлений, однако я сказал бы, что их объединяет благородство. Естественно, сложны отношения между двумя благородными народами, потому что каждый защищает свое наследие и т.д., но это заставляет проявлять уважение. Француз уважает русского, русский уважает француза, видя все это достояние за нашими плечами. То, что отличает славянскую душу от французской – это общество. Нас отличает «социальный код», он разный – поведение в доме, на улице. Но мы остаемся, тем не менее, двумя европейскими народами.

— Если есть такие различия, существует ли в действительности любовь между Россией и Францией, о которой мы сегодня говорили?

— Да, она существует! Когда мы взглянем на отношения наших стран через призму истории, когда мы увидим все, что произошло и происходит, например, на сегодняшней конференции, мы поймем, что любовь есть и в будущем много проектов будут реализованы благодаря этой дружбе, этой любви!

— Да здравствует же любовь и дружба между нашими странами!

520 views·4 shares